Médiation de la communication : les descripteurs officiels du CECR, de B1 à B2
La médiation de la communication est l'une des trois familles de médiation décrites par le Volume complémentaire du CECR (2020) : faciliter la compréhension et l'échange entre des interlocuteurs qui, pour des raisons linguistiques, culturelles, sociales ou émotionnelles, ne peuvent pas se comprendre directement. C'est une compétence relationnelle autant que linguistique : désamorcer un malentendu, gérer une tension, créer un climat propice à l'échange.
À B1, on facilite un échange simple entre deux personnes sur des sujets familiers, avec un soutien limité. À B2, on gère des situations plus délicates — un désaccord, une différence de perspective — en reformulant pour clarifier et en adaptant son propos aux deux parties. Cette page reproduit l'intégralité des descripteurs officiels de cette activité aux niveaux B1, B1+ et B2, échelle par échelle.
Les descripteurs officiels, échelle par échelle
3 échelles du Volume complémentaire couvrent la médiation de la communication entre B1 et B2. Pour chacune, les descripteurs B1 et B2 sont présentés côte à côte ; lorsque le CECR publie des descripteurs B1+, ils apparaissent dans la bande ambrée de transition.
Etablir un espace pluriculturel
B1 — utilisateur indépendant
Peut assurer un échange interculturel en utilisant un répertoire limité pour présenter des personnes de différentes cultures, poser des questions et y répondre, et montrer qu’il/elle est conscient/e que certaines choses peuvent être perçues différemment selon les cultures.
Peut aider à la création d’une culture de communication partagée, en échangeant de façon simple des informations sur les valeurs et les comportements propres à une langue et une culture.
B2 — utilisateur indépendant
Peut encourager une culture de communication partagée en exprimant sa compréhension et son appréciation des différentes idées, impressions et points de vue, et inviter les participants à contribuer et à réagir aux idées des uns et des autres.
Peut travailler en collaboration avec des personnes qui ont des orientations culturelles différentes, et discuter des ressemblances et des différences de points de vue et d’approches.
Peut, lors d’une activité avec des personnes d’autres cultures, adapter sa façon de travailler afin de créer des procédures communes.
B1+ — zone de transition
Peut contribuer à une communication interculturelle en initiant la conversation, montrant de l’intérêt et de l’empathie par ses questions et ses réponses simples et exprimer son accord et sa compréhension.
Peut, dans des rencontres interculturelles, se conduire de façon positive, reconnaître les sentiments et les différentes visions du monde des membres du groupe.
Faciliter la communication dans des situations délicates et des désaccords
B1 — utilisateur indépendant
Peut montrer sa compréhension des problèmes clés dans un différend sur un sujet qui lui est familier et demander de façon simple confirmation et/ou clarification.
B2 — utilisateur indépendant
Peut, en posant des questions, repérer les terrains d’entente et inviter chaque partie à mettre en avant les solutions possibles.
Peut présenter les principaux points de désaccord de façon relativement précise et expliquer les points de vue des parties concernées.
Peut résumer les déclarations faites par chacune des deux parties et souligner les points d’accord et les obstacles.
B1+ — zone de transition
Peut demander aux parties en désaccord d’expliquer leur point de vue et peut répondre brièvement à leurs explications, à condition que le sujet lui soit familier et que les interlocuteurs s’expriment clairement.
Agir en tant qu’intermédiaire dans des situations informelles (avec des amis et des collègues)
B1 — utilisateur indépendant
Peut communiquer (en langue B) le sens principal de ce qui est dit (en langue A) sur des sujets d’intérêt personnel, en suivant les conventions principales de politesse, à condition que les interlocuteurs s’expriment clairement et qu’il/elle puisse demander des clarifications et des pauses afin de mettre en forme ce qu’il/elle veut dire.
B2 — utilisateur indépendant
Peut communiquer (en langue B) le sens de ce qui est dit (en langue A), dans un message de bienvenue, une anecdote ou un exposé dans son domaine, interpréter correctement les indices culturels et donner, si besoin est, des explications supplémentaires, à condition que le présentateur s’arrête de temps en temps pour lui permettre de le faire.
Peut communiquer (en langue B) le sens de ce qui est dit (en langue A), sur des sujets liés à ses domaines d’intérêt, transmettre et si besoin est, expliquer la signification de déclarations et de points de vue importants, à condition que les interlocuteurs donnent si nécessaire des explications.
B1+ — zone de transition
Peut communiquer (en langue B) le sens principal de ce qui est dit (en langue A) sur des sujets liés à ses domaines d’intérêt, transmettre de façon simple des informations factuelles et expliquer des références culturelles à condition de pouvoir préparer à l’avance et que les interlocuteurs s’expriment clairement et dans un langage quotidien.
Le regard de l'examinateur
Réda Haiat — Expert en évaluation CECR · 22 ans d'expérience
La médiation de la communication est l'activité la moins linguistique des sept : il s'agit de faire fonctionner un échange entre des personnes que la langue ou la culture sépare. À B1, le médiateur transmet ce qui se dit et signale les évidences. À B2, il anticipe les malentendus avant qu'ils surviennent, et intervient sur la relation autant que sur le contenu.
La différence tient à la conscience de ce qui se joue au-delà des mots. Un médiateur B1 traduit une phrase ambiguë ; un médiateur B2 perçoit que l'ambiguïté est culturelle, l'explicite aux deux parties, et propose une formulation qui préserve la face de chacun. Les descripteurs B2 parlent de faciliter, de désamorcer, de créer un espace commun — des opérations sociales, pas seulement langagières.
Le B1+ repère les frictions mais réagit après coup. Il rattrape un malentendu déjà installé plutôt qu'il ne l'empêche. C'est la différence entre réparer et prévenir.
Ce que j'écoute à la frontière
- Le médiateur anticipe-t-il les malentendus, ou les répare-t-il après coup ?
- Intervient-il sur la relation entre les parties, ou seulement sur le contenu ?
- Perçoit-il les différences culturelles implicites, ou traite-t-il les mots seuls ?
- Préserve-t-il la face de chacun dans sa reformulation ?
- Crée-t-il les conditions d'un accord, ou se limite-t-il à transmettre les positions ?
Questions fréquentes
Combien de descripteurs officiels couvrent la médiation de la communication entre B1 et B2 ?
16 descripteurs officiels couvrent cette zone : 4 au niveau B1, 4 au niveau B1+ et 8 au niveau B2, répartis sur 3 échelles. Ils sont tous reproduits sur cette page.
Que signifie le niveau B1+ ?
B1+ est un « niveau plus » du CECR : il décrit une compétence B1 forte, au-delà du seuil B1 mais sans atteindre encore les critères B2. Le Volume complémentaire publie des descripteurs spécifiques pour ces paliers intermédiaires — c'est la zone de transition affichée entre les colonnes B1 et B2.
Puis-je réutiliser ces descripteurs ?
Oui. Les descripteurs du CECR sont publiés par le Conseil de l'Europe sous licence CC BY 4.0 : vous pouvez les reproduire et les adapter, y compris à des fins commerciales, à condition de créditer le Conseil de l'Europe. C'est exactement ce que fait cette page.
Pour aller plus loin
Sources
- Conseil de l'Europe — Volume complémentaire du CECR (2020) : https://rm.coe.int/cefr-companion-volume-with-new-descriptors-2018/1680787989
- Le CECR sur le site du Conseil de l'Europe : https://www.coe.int/fr/web/common-european-framework-reference-languages
- Licence Creative Commons Attribution 4.0 : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr
